Le rapport d’activités de juillet de la FEMAFOOT met en lumière une Fédération qui doit avancer sur plusieurs fronts à la fois. Situation financière, équipes nationales, scouting, formation des jeunes, Ligue 1 et développement commercial : les dossiers sont nombreux, avec des avancées mais aussi plusieurs urgences.
Le rapport de juillet donne une image assez claire des priorités actuelles de la Fédération malienne de football. Parmi tous les dossiers abordés, la situation financière reste probablement le plus préoccupant.
En juillet, la FEMAFOOT disposait de 730,2 millions de FCFA de ressources, dont 444,3 millions provenant du solde du mois précédent. Les nouvelles recettes se sont élevées à 285,9 millions, mais les dépenses ont atteint 329,9 millions.
Surtout, les recettes restent très dépendantes de quelques partenaires. Orange Mali et la CAF représentent 99,1 % des nouveaux encaissements, alors que les recettes propres de la Fédération ne s’élèvent qu’à 2,6 millions de FCFA.
À cela s’ajoutent plus de 370 millions de FCFA de créances envers les clubs. La Fédération annonce vouloir régler la majorité de ces sommes avant fin août, avec un effort particulier pour le Djoliba et le Stade Malien avant leurs échéances africaines.
La situation est compliquée par le blocage d’une tranche FIFA de 600 000 dollars, en attente de la régularisation des états financiers 2025 et du rapport d’audit statutaire.
Les Aigles : le scouting prend une nouvelle dimension
Sur le plan sportif, le rapport met particulièrement en avant le travail autour de l’équipe nationale A.
La Fédération veut désormais renforcer le suivi des joueurs locaux et expatriés. Une cellule de scouting dirigée par Abary Doucouré travaille avec le staff technique et une première liste de 56 joueurs avait déjà été établie au 23 juillet.
Le championnat national, les U20 et les joueurs évoluant à l’étranger sont suivis afin d’élargir le vivier des Aigles.
Le dispositif ne se limite pas au recrutement. La Fédération prévoit également l’utilisation de GPS Catapult et de caméras VEO, ainsi qu’un meilleur suivi médical, nutritionnel et physique des joueurs.
L’objectif est de disposer d’une sélection mieux préparée et surtout d’un suivi permanent des joueurs plutôt que de travailler uniquement à l’approche des rassemblements.
Les jeunes au cœur du projet
Le rapport accorde également une place importante à la formation.
L’homologation des académies et centres de formation, le diagnostic du football des jeunes et la création d’une future cellule de scouting dédiée aux jeunes font partie des chantiers engagés.
La Fédération veut également revoir le football de base avec un système progressif allant du football à 6 chez les U9-U11 au football à 8 chez les U12-U13, avant le passage au football à 11.
Une fiche de détection et de suivi doit notamment être mise en place à partir d’août.
La DTN devra jouer un rôle central dans cette organisation, avec une clarification de ses différentes responsabilités et une meilleure coordination entre détection, formation et sélections.
L’urgence des U17
Pendant que la réforme structurelle avance, certaines échéances imposent d’aller beaucoup plus vite.
Le tournoi UFOA A qualificatif des U17 a été avancé du 1er octobre au 1er septembre, réduisant considérablement le temps de préparation.
80 joueurs présélectionnés ont déjà passé les examens IRM et le processus de sélection a été accéléré.
En parallèle, le Mali prépare la Coupe du Monde U17 au Qatar. Avec Soumaïla Coulibaly à la tête de l’équipe, l’objectif affiché est de ne pas simplement participer, mais d’être compétitif.
Vers une Ligue 1 plus professionnelle
La FEMAFOOT veut également s’attaquer au fonctionnement du championnat.
Un nouveau cahier des charges doit renforcer les exigences imposées aux clubs en matière de gouvernance, finances, administration, infrastructures, sécurité, encadrement technique et marketing.
Le projet de Ligue Nationale de Football Professionnelle doit aussi permettre de mieux organiser les relations entre la Fédération, la Ligue et les clubs et de mieux valoriser les droits commerciaux et audiovisuels.
La Fédération prévoit d’ailleurs une mission d’étude en Tanzanie pour s’inspirer d’un modèle qui a permis de développer davantage l’organisation et l’économie du football local.
Trouver de nouvelles ressources
Le développement commercial apparaît comme une autre priorité.
Les discussions avec Orange ont abouti à un avenant. Les négociations avec WA Team Sport ont été finalisées et celles avec PMU-Mali sont très avancées.
La Fédération travaille également sur la création d’une régie publicitaire permettant de mieux exploiter les espaces commerciaux dans les stades.
Cette stratégie est d’autant plus importante que les chiffres financiers du rapport montrent la faiblesse actuelle des ressources propres.
Une communication qui monte en puissance
La FEMAFOOT a également considérablement augmenté sa production de contenus.
En juillet, elle a publié 10 communiqués, 41 infographies, 21 articles, 33 Reels, 242 photos et 13 albums.
Sur Facebook, la page a enregistré 6,62 millions de portée et près de 150 000 interactions, tandis qu’Instagram a atteint 5,81 millions de portée.
La prochaine étape sera toutefois de transformer cette forte activité numérique en véritable outil de valorisation de l’image de la Fédération et de ses partenaires.
Beaucoup de chantiers, désormais des résultats attendus
Le rapport de juillet montre finalement une Fédération qui travaille sur plusieurs dossiers en même temps, mais qui doit encore résoudre des problèmes importants.
Les finances, les dettes envers les clubs et les ressources FIFA constituent les principales urgences. Sur le terrain, la structuration du scouting des A, la préparation des jeunes et la modernisation de l’environnement de travail des sélections constituent les principaux chantiers sportifs.
À plus long terme, la professionnalisation de la Ligue 1, la formation des entraîneurs, l’homologation des académies et le développement des ressources commerciales doivent permettre de construire un football malien plus solide.
Le rapport de juillet montre donc surtout une Fédération en pleine phase de construction. Le véritable enjeu sera maintenant de transformer ces nombreux chantiers en résultats concrets, aussi bien sur le terrain qu’en dehors.
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