Shortlist du COMEX : un casting qui interroge pour les Aigles

Le COMEX de la Fédération malienne de football vient de dévoiler sa shortlist de cinq entraîneurs pour prendre les rênes de la sélection A : Mohamed Magassouba, Badou Zaki, Florent Ibenge, Anthony Da Silva et Antonio Conceicao.

À première vue, ce casting laisse un sentiment de déception chez de nombreux observateurs. Beaucoup espéraient voir apparaître des profils de très haut niveau ou de jeunes sélectionneurs ambitieux, prêts à s’inscrire dans un véritable projet de reconstruction. Au lieu de cela, la liste proposée regroupe essentiellement des techniciens en fin de cycle ou dont la dynamique récente pose question.

Le retour éventuel de Mohamed Magassouba interroge particulièrement. Son passage à la tête des Aigles a montré ses qualités théoriques et sa connaissance du football local, mais aussi certaines limites dans la gestion des matchs clés et dans l’animation offensive de l’équipe. Le Mali, malgré un potentiel important, n’a pas franchi le cap attendu sous sa direction.

Concernant les autres noms, peu restent sur des performances marquantes ces dernières saisons. Seul Florent Ibenge peut s’appuyer sur un parcours intéressant avec Al Hilal Omdurman en Ligue des champions africaine l’année dernière. Pour le reste, les références récentes ne semblent pas en totale adéquation avec les ambitions affichées pour la sélection nationale.

Or, le Mali se veut engagé dans un projet à long terme, basé sur une génération talentueuse, composée de jeunes joueurs locaux et binationaux. Dans cette optique, il aurait peut-être été plus judicieux d’opter pour un entraîneur plus jeune, capable de grandir avec le groupe et d’installer une véritable continuité dans le travail. Un profil comme celui de Fousseni Diawara, proche des joueurs et déjà impliqué dans les différentes catégories nationales, aurait pu incarner cette vision.

Un sélectionneur sexagénaire, découvrant pour certains une partie de l’effectif, aura-t-il le temps et l’énergie nécessaires pour construire une relation forte et durable avec cette génération ? La question mérite d’être posée.

Au final, cette shortlist donne l’impression d’un choix prudent, voire conservateur, là où beaucoup attendaient une prise de risque mesurée mais ambitieuse. Pour un pays qui aspire à s’installer durablement parmi les grandes nations africaines, le casting du futur sélectionneur sera déterminant. À ce stade, nombreux sont ceux qui estiment que cette première sélection de noms manque d’audace.

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