D’ici novembre, le Mali doit accélérer pour construire son équipe

La vision fixée par le président de la Fédération malienne de football est claire : qualifier le Mali pour la prochaine Coupe du monde, installer les Aigles dans le top 3 africain et faire de la sélection un prétendant sérieux pour la CAN 2032.

La première étape de cette ambition est également identifiée : atteindre au minimum les demi-finales de la CAN 2027.

La dernière fenêtre internationale a montré que le Mali dispose déjà d’une matière première intéressante pour construire une grande équipe. Les Aigles ont gagné avec autorité à domicile face au Cap-Vert, se sont imposés avec efficacité sur un terrain compliqué au Liberia, avant d’aller chercher un nul à l’extérieur face au Maroc, référence actuelle du football africain.

Le match livré face aux Marocains, notamment, a confirmé qu’il existe une base sur laquelle travailler.

Mais désormais, il faut passer à l’étape suivante.

La priorité : sécuriser rapidement la qualification

La principale difficulté est connue : le Mali ne disposera probablement pas d’un grand nombre de matchs de préparation avant la CAN.

Chaque fenêtre internationale aura donc une importance particulière. Plus les Aigles se qualifieront tôt, plus ils pourront utiliser les derniers rassemblements pour travailler sur leur équipe, tester certains profils et préparer la CAN dans de meilleures conditions.

L’objectif immédiat doit donc être simple : prendre les six points face au Rwanda.

Avec deux victoires, le Mali ferait un pas décisif vers la qualification et pourrait aborder la dernière fenêtre avec davantage de liberté dans ses choix.

Cette fenêtre pourrait alors servir à effectuer certains essais, mais également à mettre quelques joueurs importants à la disposition des U23, notamment Martial Tia et Gaoussou Diakité, pour leur dernier tour de qualification.

Une base existe déjà, il faut maintenant construire la profondeur

Aujourd’hui, le Mali possède une première base cohérente.

Le sélectionneur dispose notamment d’un 4-2-3-1 intéressant face aux équipes moins fortes techniquement, dans les matchs où le Mali devrait avoir davantage la possession et être amené à construire.

Face à des adversaires techniquement supérieurs, le système peut évoluer vers un 4-3-3, avec davantage de densité au milieu et une capacité à jouer plus rapidement en transition.

Cette flexibilité peut devenir une véritable force. Mais elle impose également de disposer des joueurs capables d’exécuter ces différents plans de jeu.

La construction d’un groupe se fait par étapes. Aujourd’hui, il faut identifier les meilleurs joueurs pour répondre aux exigences de ces systèmes. Demain, il faudra surtout construire la profondeur de banc nécessaire.

L’objectif doit être de disposer progressivement de 16 à 17 joueurs capables de prétendre réellement à une place de titulaire, afin de pouvoir adapter l’équipe à l’adversaire sans perdre en qualité.

La défense reste le principal chantier

Les dernières rencontres ont apporté des satisfactions, mais aussi rappelé certaines fragilités défensives.

Quelques buts évitables montrent que plusieurs questions restent ouvertes.

Au poste de gardien, il faudra progressivement dégager une hiérarchie claire entre Djigui Diarra et Mamadou Samassa.

En défense centrale, le Mali doit également trouver sa charnière de référence et déterminer les associations les plus fiables.

La même réflexion doit être menée sur les côtés. Les latéraux devront non seulement répondre aux exigences défensives, mais également apporter suffisamment dans la construction et les phases offensives.

Ce travail doit être réalisé rapidement, car une grande équipe se construit d’abord autour d’une certaine stabilité défensive.

Au milieu, les places vont devenir chères

Dans l’entrejeu, Mamadou Sangaré et Kamory Doumbia semblent aujourd’hui avoir pris une longueur d’avance dans la construction du projet.

La troisième place reste davantage ouverte.

Amadou Haidara et Aliou Dieng n’ont pas encore totalement apporté toutes les garanties permettant de considérer le poste comme définitivement réglé.

Le prochain regroupement devra donc permettre de poursuivre cette évaluation.

L’objectif n’est pas nécessairement de chercher à tout prix un nouveau titulaire, mais de déterminer quels profils sont capables de compléter au mieux Sangaré et Kamory en fonction des différents scénarios de match.

En attaque, il faut développer le trio mais préparer des alternatives

Devant, Lassine Sinayoko, Nene Dorgeles et Martial Tia ont connu des performances parfois irrégulières.

Mais elles sont suffisamment intéressantes pour justifier la poursuite du travail autour de ce trio.

L’enjeu sera surtout de construire des alternatives crédibles.

Le Mali doit notamment trouver une ou deux solutions supplémentaires au poste de numéro 9, tout en identifiant des joueurs capables d’apporter de la percussion et de la profondeur sur les côtés.

Gaoussou Diarra, malgré son but face au Maroc, a encore montré certaines limites dans son jeu. Le même constat peut être fait pour Sekou Koïta, qui doit encore convaincre davantage.

Alimamy Gory, diminué par la maladie lors du dernier rassemblement, n’a de son côté pas réellement eu l’occasion de montrer toute sa valeur.

Ces dossiers restent donc ouverts.

Il faut continuer à ratisser large chez les binationaux

Pour répondre aux besoins des différents systèmes de jeu, le Mali devra également poursuivre son travail de prospection auprès des binationaux.

Les résultats récents et la dynamique positive autour de la sélection peuvent faciliter certains dossiers. Il faut profiter de cette période pour élargir au maximum le champ de recherche.

L’objectif n’est pas de recruter pour recruter.

Il faut identifier les meilleurs profils disponibles, ceux qui correspondent réellement aux besoins du projet de jeu et qui peuvent augmenter la concurrence au sein du groupe.

Le Mali doit désormais avoir une vision très claire des postes où il possède suffisamment de solutions et de ceux où il lui manque encore un ou deux profils de haut niveau.

Mars devra servir à verrouiller la hiérarchie

Si la qualification est rapidement assurée, les prochaines fenêtres prendront une autre dimension.

La dernière fenêtre avant la préparation finale pourra servir aux expérimentations et à certains ajustements. La fenêtre de mars devra ensuite permettre de récupérer les éventuels blessés, d’intégrer les derniers renforts de choix et surtout de commencer à figer la hiérarchie.

À ce moment-là, le Mali devra savoir quels sont ses titulaires, ses principales doublures et les joueurs capables de changer le cours d’un match.

Les matchs de préparation précédant la CAN pourront alors être utilisés non pas pour chercher encore une équipe, mais pour répéter et perfectionner les plans de jeu.

C’est toute la différence entre une sélection qui arrive à une compétition encore en construction et une sélection qui arrive avec des certitudes.

Une fenêtre importante pour franchir un cap

Le Mali possède aujourd’hui une base intéressante. La dernière fenêtre l’a confirmé.

Mais une bonne base ne suffit pas pour atteindre les ambitions fixées : Coupe du monde, top 3 africain et demi-finale de la CAN 2027.

Il faut maintenant transformer cette base en véritable groupe compétitif.

Cela passe d’abord par les six points contre le Rwanda. Ensuite, par une sélection plus large, une concurrence accrue, la résolution des incertitudes défensives, l’identification des dernières pièces manquantes et la poursuite du travail sur les binationaux.

D’ici la CAN 2027, le temps sera compté. Chaque fenêtre internationale devra donc avoir un objectif précis.

Le Mali ne doit plus simplement chercher à avoir de bons joueurs.

Il doit construire une équipe capable de répondre à plusieurs scénarios, avec suffisamment de qualité et de profondeur pour aller chercher les objectifs fixés.

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