Le point faible de Tom : un milieu trop redondant et limité techniquement

Depuis plusieurs mois, un choix de Tom Saintfiet interpelle observateurs et supporters : l’insistance sur le duo Aliou Dieng – Lassana Coulibaly dans l’entrejeu. Si les deux joueurs ont des qualités indéniables, leur association pose un réel problème d’équilibre et limite le potentiel offensif des Aigles. Leur profil, bien que précieux dans certains contextes, semble trop similaire pour être véritablement complémentaire.

Dieng comme Lassana Coulibaly apportent une intensité physique, de l’agressivité à la récupération et une grande capacité à répéter les efforts. Mais ces qualités s’accompagnent de faiblesses structurelles : transmission du ballon laborieuse, manque de créativité dans le premier relai, difficulté à sortir proprement sous pression. Dans un football moderne où la relance est devenue le déclencheur principal des séquences offensives, ces limites deviennent problématiques.

Or, le Mali dispose aujourd’hui d’un milieu beaucoup plus technique que par le passé. Avec des joueurs comme Yves Bissouma et Hamari “Doudou” Haïdara, spécialistes de la relance propre, de la projection et du contrôle du tempo, la sélection n’a plus besoin de multiplier les profils purement défensifs.
À cela s’ajoutent Mamadou Sangaré et Mahamadou Doumbia, deux milieux modernes et complémentaires capables d’apporter une percussion verticale qui crée des décalages et ouvre des espaces pour les attaquants. Leur dynamisme pourrait transformer le visage offensif de l’équipe.

Dans cette logique, l’idéal serait de revoir la hiérarchie. Dieng devrait être le premier remplaçant destiné à entrer à la place de Bissouma, tandis que Mohamed Camara serait le remplaçant naturel de Doudou pour maintenir l’équilibre défensif. Quant à Lassana Coulibaly, c’est un soldat fiable, généreux et discipliné, mais il n’apporte pas suffisamment pour être dans une rotation régulière à ce niveau.

La récente défaite face au Ghana en a été l’illustration la plus visible. Sous pression, le double pivot Dieng–Coulibaly a montré ses limites techniques, empêchant le Mali d’installer un jeu fluide et de se projeter efficacement. Résultat : une équipe coupée en deux, des transitions offensives inexistantes et une incapacité à inquiéter un adversaire pourtant à portée.

À l’approche de la CAN, Tom devra impérativement réajuster son milieu s’il veut libérer le potentiel de cette génération talentueuse. Le Mali possède de quoi briller : encore faut-il aligner les bonnes pièces.

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