Bientôt quinze ans se seront écoulés depuis la dernière demi-finale du Mali en Coupe d’Afrique des Nations. Quinze ans sans participation à une Coupe du monde. Quinze ans durant lesquels la sélection A peine à jouer les premiers rôles sur la scène africaine.
Le constat est clair : le football malien stagne. Et pour espérer enfin s’asseoir à la table des grandes nations africaines, un changement de cap profond et structuré est indispensable.
La dissolution du bureau exécutif de la Fédération marque l’ouverture d’une nouvelle page. Même si beaucoup de zones d’ombre subsistent, il est impératif de ne pas répéter les erreurs du passé qui nous ont conduits à cette impasse.
1. Confier les rênes du football à nos anciens internationaux
Aujourd’hui, les meilleures nations africaines rivalisent avec les standards européens en matière d’organisation et de gouvernance. Le Sénégal et le Maroc, notamment, réussissent à attirer des binationaux de très haut niveau et affichent une constance remarquable dans leurs performances.
Le Mali dispose lui aussi d’anciens joueurs ayant connu le haut niveau international. Des profils comme Brahim Thiam, Cédric Kanté ou Momo Sissoko ont l’expérience, le réseau et la légitimité nécessaires pour insuffler un véritable professionnalisme à notre football.
2. Aller vers une véritable indépendance financière
La Fédération doit impérativement réduire sa dépendance vis-à-vis de l’État. Cela passe par la recherche d’un équipementier solide et de sponsors de haut niveau capables d’accompagner durablement la sélection nationale et ses projets de développement.
3. Installer des antennes de la DTN en Côte d’Ivoire et en France
Les binationaux sont aujourd’hui un levier essentiel du succès des sélections africaines. Le Mali doit se structurer pour mieux identifier, suivre et convaincre les meilleurs talents de sa diaspora.
La mise en place d’antennes de la Direction Technique Nationale en Côte d’Ivoire et en France, où résident d’importantes communautés maliennes, est devenue une nécessité stratégique.
4. Miser sur un sélectionneur inscrit dans la durée et en phase avec notre culture
Le Mali a besoin d’un entraîneur capable de promouvoir un jeu ambitieux, tout en mettant les joueurs dans les meilleures conditions pour s’exprimer.
Idéalement, ce sélectionneur devrait être un ancien international, bien connecté au réseau de la diaspora, afin de faciliter les échanges avec les binationaux et les acteurs influents du football malien.
5. Assurer une continuité entre toutes les sélections nationales
La compétitivité doit être une priorité à tous les niveaux : U17, U20, U23 et équipe A. Chaque sélection doit disposer d’un staff complet, avec une réelle collaboration entre les différentes catégories pour garantir une continuité technique et méthodologique.
Il est également essentiel d’intégrer davantage de jeunes issus de la diaspora dès les U20 afin de faciliter leur adaptation et leur adhésion au projet national.
6. Mettre en place un plan clair à court et moyen terme
Les échéances à venir sont majeures : deux CAN en deux ans (2027 et 2028) et une Coupe du monde dans quatre ans. Dans ce contexte, la solution la plus sage serait la mise en place d’un comité de normalisation disposant d’un mandat d’au moins deux ans.
Ce comité aurait pour mission de revoir les textes, de poser des bases solides et de préparer l’arrivée d’un nouveau bureau capable de travailler sur le long terme.
Il est crucial d’adopter des textes plus inclusifs, afin d’éviter que le football malien ne soit à nouveau pris en otage par des clans. Le choix du public sportif et l’intérêt général doivent peser davantage dans la désignation des futurs dirigeants.
Les semaines à venir seront décisives. Cette refondation est une nécessité absolue pour garantir une stabilité durable et permettre à notre sport roi de retrouver la place qu’il mérite.
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