Au football, ce n’est pas toujours la meilleure équipe qui gagne, mais la mieux organisée défensivement

Au football, ce n’est pas toujours l’équipe la plus spectaculaire qui remporte les titres, mais bien celle qui défend le mieux. En Afrique, cette réalité est encore plus frappante. Les deux grandes dynasties des trente dernières années — le Cameroun et l’Égypte — ont bâti leur domination avant tout sur une solidité défensive impressionnante.
Le Cameroun est devenu champion d’Afrique en 2002 sans encaisser le moindre but durant toute la compétition. L’Égypte, de son côté, s’appuyait sur un dernier rempart légendaire, Essam El-Hadary, véritable assurance tous risques dans les moments critiques.

À l’inverse, les équipes réputées pour leur puissance offensive ont souvent échoué à transformer leur talent en titres. La Côte d’Ivoire de Drogba et Kader Keita, pourtant considérée comme une génération dorée, n’a jamais réussi à s’imposer sur la scène continentale. Même constat pour le Sénégal de Demba Ba et Papiss Cissé, séduisant dans le jeu mais sans grande consécration continentale.

Pour le Mali, la dernière grande épopée reste associée au travail de Soumaïla Diakité, architecte d’équipes compactes qui ont permis aux Aigles de décrocher plusieurs médailles de bronze à la CAN. Déjà à l’époque, la recette était claire : discipline défensive, solidarité collective et efficacité dans les moments décisifs.

Aujourd’hui encore, la réussite des Aigles doit se construire autour d’une approche défensive solide. Tout commence par un gardien de haut niveau. Dans ce rôle, Mamadou Samassa, spécialiste reconnu des tirs au but, représente un atout majeur.
Devant lui, une charnière infranchissable est indispensable. L’association Sikou Niakaté – Abdoulaye Diaby, avec l’option Ousmane Camara, peut constituer une base robuste et rassurante pour l’ensemble du bloc équipe.

Mais en Coupe d’Afrique, défendre ne suffit pas toujours. Les matchs couperets se jouent fréquemment aux tirs au but, véritable juge de paix du continent. Dans ce domaine, le Mali possède une richesse exceptionnelle. Lassine Sinayoko, El Bilal Touré, Moussa Sylla, Kamory Doumbia, Mamadou Sangaré, Mahamadou Doumbia, Yves Bissouma, Doudou Haïdara, Abdoulaye Diaby, Néné Dorgeles… La sélection malienne compte près de dix tireurs fiables, capables d’aligner à tout moment huit spécialistes sur le terrain.

Le staff doit donc impérativement bâtir une véritable stratégie centrée sur les penalties. Chaque joueur devrait disposer de deux formes de frappe maîtrisées et effectuer 10 à 20 tentatives quotidiennes à l’entraînement. L’idéal est de travailler en fin de séance, lorsque la fatigue est maximale, pour recréer les véritables conditions du match. Comme en NBA où les joueurs s’entraînent aux tirs après des exercices intensifs pour reproduire la pression cardiaque réelle, nos Aigles doivent préparer cet exercice clé dans la fatigue, là où se forgent les automatismes les plus précieux.

D’ailleurs, en observant les dernières éliminations du Mali, un constat revient : le manque de fraîcheur physique et mentale. Trop souvent, la victoire s’échappe sur des erreurs d’inattention nées de l’épuisement plutôt que d’un déficit de talent.

La philosophie idéale est donc simple : jouer pour ne pas perdre. Garder le ballon grâce à nos milieux techniques capables de conserver sous pression, attendre la faute adverse et attaquer par séquences contrôlées. Cette gestion permet d’économiser l’énergie, de maintenir la lucidité sur 120 minutes, et surtout de préparer psychologiquement l’équipe à l’éventualité des tirs au but — exercice qui exige autant de sang-froid que de technique.

Ne pas perdre dans le jeu, faire la différence aux penalties.
C’est par cette stratégie pragmatique, réaliste et africaine que le Mali peut nourrir de réelles ambitions et espérer aller loin dans ce tournoi.

Leave a comment

Be the first to comment

Leave a Reply

Your email address will not be published.


*