Rapport d’août : la FEMAFOOT passe progressivement du diagnostic à l’action

Le rapport d’activités du mois d’août de la FEMAFOOT montre une Fédération qui commence progressivement à passer du diagnostic à la mise en œuvre. Après plusieurs mois consacrés à la réorganisation et à l’identification des problèmes, plusieurs dossiers avancent désormais de manière plus concrète : gouvernance, finances, équipes nationales, formation, football professionnel, infrastructures, arbitrage et partenariats.

L’audit terminé, place aux mesures correctives

L’un des principaux éléments du rapport concerne la finalisation de l’audit administratif et financier. Celui-ci a permis de relever plusieurs faiblesses dans les procédures de dépenses, la traçabilité des opérations, le suivi des engagements et les mécanismes de contrôle interne.

La Fédération annonce désormais la mise en place d’un plan d’actions correctives. Une nouvelle organisation interne est également en préparation, avec notamment la création envisagée de directions dédiées aux marchés et appels d’offres, au marketing et à la communication ainsi qu’à l’informatique. Le rapport prévoit également un renforcement de l’audit interne et une réorganisation des directions technique et de l’arbitrage.

L’objectif est clairement de mieux encadrer le fonctionnement de la Fédération et de renforcer la transparence dans la gestion.

Des finances sous surveillance

Sur le plan financier, la FEMAFOOT disposait en août de plus de 751 millions de FCFA de ressources disponibles. Les dépenses de trésorerie se sont élevées à environ 416,7 millions de FCFA, laissant un solde de 334,3 millions de FCFA à la fin du mois.

Mais le rapport apporte une précision importante : la Fédération avait également plus de 100 millions de FCFA d’engagements restant à payer. Le solde réellement disponible après prise en compte de ces engagements est donc inférieur au montant de trésorerie affiché.

Une part importante des dépenses concerne les clubs et les ligues, avec notamment les subventions aux clubs, tandis que les équipes nationales représentent également une part significative des dépenses.

La nouvelle direction semble surtout vouloir instaurer un suivi beaucoup plus régulier des recettes, dépenses et engagements, avec une distinction claire entre ce qui a été payé et ce qui reste dû.

Les Aigles : élargir le vivier autour du groupe actuel

Pour l’équipe nationale A, le travail ne se limite pas à préparer les prochaines échéances. Le sélectionneur Anthony Da Silva et le Team Manager Samba Sow poursuivent également le travail de prospection et de suivi des joueurs évoluant à l’étranger.

La Fédération indique avoir engagé des discussions avec plusieurs joueurs binationaux ou expatriés, ainsi qu’avec leurs familles, agents, clubs et entraîneurs. L’objectif est de mieux comprendre leurs motivations et surtout de leur présenter le nouveau projet des Aigles.

Il ne s’agit donc pas de remettre en cause le groupe déjà en place, mais plutôt d’élargir progressivement le vivier de joueurs disponibles pour la sélection.

Le rapport évoque également plusieurs difficultés soulevées par certains joueurs ou leur entourage, notamment liées à leurs expériences passées avec la sélection, à l’organisation, à la logistique ou encore à l’image de l’environnement de l’équipe nationale.

C’est un point intéressant : la FEMAFOOT semble vouloir traiter la question de l’attractivité des Aigles comme un véritable chantier, et pas seulement comme une question de sélection sportive.

La prochaine fenêtre internationale, prévue du 20 septembre au 3 octobre, doit notamment permettre de poursuivre cette dynamique avec des rencontres face au Cap-Vert, au Liberia et à la Tunisie.

Le rapport insiste également sur la nécessité d’améliorer les conditions de travail à Kabala : entretien de la pelouse, arrosage, marquage, espace médical, hébergement, climatisation, nettoyage, salle de conférence et équipements de préparation physique.

L’ambition affichée est de construire progressivement un groupe capable de servir de base aux prochaines grandes échéances, notamment la CAN 2027 et les éliminatoires de la Coupe du monde 2030.

Les sélections de jeunes déjà tournées vers 2027 et 2028

Chez les U23, le travail est désormais orienté vers les qualifications olympiques de Los Angeles 2028. La base de données des joueurs a été élargie et le travail doit associer davantage la Direction technique nationale, les clubs, les académies et la diaspora.

Le staff de la sélection doit également être renforcé avec notamment un adjoint, un préparateur physique, un entraîneur des gardiens, un analyste vidéo, un médecin, un kinésithérapeute et un Team Manager.

Les U20 préparent de leur côté le tournoi qualificatif UFOA-A pour la CAN 2027, avec plusieurs matchs de préparation prévus contre des clubs maliens.

Chez les U17, le calendrier s’est accéléré avec le déplacement des échéances qualificatives. Un stage bloqué a été organisé à Kabala et la sélection finale a fait l’objet d’un travail de vérification des identités et des âges.

Cette équipe aura également une échéance particulière puisqu’elle doit participer à la Coupe du monde U17 de la FIFA au Qatar en novembre 2026, après sa qualification obtenue lors de la CAN U17.

Une volonté de mieux structurer la formation

Autre chantier important : la certification des académies et centres de formation.

La FEMAFOOT a finalisé un dossier qui doit permettre d’évaluer les structures sur plusieurs critères : statut juridique, qualification des entraîneurs, infrastructures, projet sportif et pédagogique, suivi médical, protection des mineurs, scolarité, hébergement, hygiène et traçabilité du parcours des joueurs.

La Fédération prévoit également de développer une base de données regroupant les joueurs présents dans les régions, les clubs, les académies et à l’étranger.

L’enjeu est de mieux connaître le réservoir de joueurs maliens et d’améliorer la détection sur l’ensemble du territoire, mais également au sein de la diaspora.

Le Centre technique national : ne pas construire seulement un bâtiment

Le projet du Centre Technique National avance également avec une mission de benchmarking réalisée en Mauritanie.

La réflexion porte sur une organisation autour de plusieurs pôles : technique et sportif, médical et performance, éducation, administration et logistique.

Mais le rapport montre surtout que la Fédération ne veut pas limiter le projet à une infrastructure. Avant son ouverture, plusieurs éléments doivent encore être définis : budget, organigramme, programme technique, plan de maintenance et indicateurs de performance.

C’est probablement l’un des points importants du rapport : le véritable défi sera de faire du centre un outil permanent de développement du football malien, et pas simplement un nouveau complexe sportif.

Le football professionnel à la recherche d’un nouveau modèle

La FEMAFOOT travaille également sur les conditions de participation des clubs à la saison 2026-2027, avec la finalisation et l’envoi du cahier des charges lié aux licences.

Mais le rapport va plus loin avec une mission de benchmarking en Tanzanie. La Fédération y a étudié l’organisation du championnat, les relations entre Fédération et ligue, le modèle commercial, les revenus, leur redistribution, les droits TV et le sponsoring.

L’objectif n’est pas de reproduire le modèle tanzanien à l’identique, mais d’identifier certaines pratiques qui pourraient être adaptées au contexte malien.

Le football de masse retrouve aussi une place

Le programme Vacances Foot FEMAFOOT 2026, destiné aux catégories U11 et U13, constitue également un des projets du mois.

Huit équipes participent à la phase fédérale, avec les champions des six communes de Bamako auxquels s’ajoutent Kati et Bougouni. La compétition doit se poursuivre jusqu’à la finale prévue le 27 septembre.

La Fédération veut surtout faire de cette initiative un rendez-vous annuel et l’élargir progressivement au football scolaire, communautaire, féminin et au partenariat avec les entreprises.

Des partenariats commerciaux qui se consolident

Sur le plan commercial, le partenariat avec Orange Mali se poursuit, tandis que l’accord avec PMU Mali a été finalisé au cours du mois et officiellement signé le 1er septembre.

Les discussions avec NDC Energie ont également avancé et la collaboration avec WA Team Sport entre dans sa phase de mise en œuvre, notamment autour des équipements des sélections et d’un modèle comprenant une contribution financière et des royalties sur les ventes.

La Fédération travaille parallèlement sur une meilleure exploitation de ses droits et de ses actifs commerciaux.

Le potentiel existe, mais l’enjeu sera maintenant de transformer ces accords en revenus durables et en véritables outils de développement pour le football malien.

Communication : mieux anticiper

Le rapport reconnaît également que la communication institutionnelle doit encore progresser.

La FEMAFOOT souhaite notamment améliorer l’anticipation éditoriale, les moyens de production et la coordination entre les différents acteurs. Une structure externe doit accompagner à partir de septembre la gestion des comptes des équipes nationales, sous le contrôle éditorial de la Fédération.

Le rapport rappelle toutefois un principe important : la communication ne doit pas seulement servir à publier rapidement. Elle doit également garantir la fiabilité de l’information et contribuer à la gouvernance de la Fédération.

L’arbitrage poursuit sa professionnalisation

L’arbitrage fait lui aussi l’objet d’un travail de fond.

Des rencontres ont été organisées avec les arbitres actifs de Bamako ainsi qu’avec d’anciens arbitres. Les discussions ont notamment porté sur les indemnités, les équipements, les déplacements, l’hébergement et le suivi des jeunes arbitres.

La Fédération veut poursuivre la professionnalisation du secteur, notamment avec la continuité du système à trois arbitres testé à la fin de la saison précédente et une présence accrue des femmes comme arbitres centrales dans le championnat professionnel.

Des formations et stages sont également programmés pour les arbitres élites et les instructeurs.

Un rapport qui montre surtout une phase de construction

Le rapport d’août donne finalement l’image d’une Fédération qui commence à entrer dans une nouvelle phase.

L’audit est terminé, les procédures doivent maintenant être corrigées. Les équipes nationales sont engagées dans une logique de préparation à moyen terme. La détection et la formation commencent à être structurées. Le football professionnel fait l’objet d’une réflexion sur son modèle économique. Les partenariats commerciaux se multiplient et plusieurs dossiers administratifs sont en cours de réorganisation.

Tout n’est évidemment pas encore réglé. Une grande partie des projets reste à transformer en décisions, en infrastructures fonctionnelles, en ressources financières et surtout en résultats sportifs.

Mais par rapport aux premiers mois consacrés principalement à la remise en ordre, le rapport d’août montre une FEMAFOOT qui cherche désormais à construire les outils de son projet.

La prochaine étape sera la plus importante : faire en sorte que ces nombreux chantiers ne restent pas des intentions sur le papier, mais deviennent progressivement une nouvelle manière de gérer et de développer le football malien.

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