CAN 2032 : pour l’AES, le Mali doit oser dire « YES, WE CAN ! »

La candidature des États de l’Alliance des États du Sahel (AES) pour organiser la Coupe d’Afrique des Nations 2032 est bien plus qu’un simple projet sportif.

Pour le Mali, c’est une opportunité historique.

Une opportunité de relancer notre football.

Une opportunité de moderniser durablement nos infrastructures.

Une opportunité de mieux exploiter notre immense potentiel de talents.

Une opportunité, enfin, de faire du football un véritable outil de développement économique, social et territorial.

Alors, à ceux qui se demandent si l’AES peut organiser une CAN, ma réponse est simple :

YES, WE CAN !

Mais pour réussir, il faudra commencer à travailler dès maintenant.

Le premier défi sera sportif

Organiser une CAN n’a de sens que si notre équipe nationale est capable de jouer les premiers rôles.

La nouvelle Fédération Malienne de Football doit donc avoir une ambition claire : construire, d’ici 2030, une sélection capable de rivaliser avec les meilleures nations africaines.

L’objectif doit être de faire du Mali une équipe régulièrement installée dans le Top 3 du football africain.

Si la CAN 2032 est organisée dans l’espace AES, le Mali doit pouvoir être considéré comme l’un des favoris de la compétition.

Cela signifie qu’il faut mettre en place dès aujourd’hui une véritable stratégie sportive.

Stabiliser les staffs techniques.

Assurer une continuité entre les sélections U15, U17, U20, U23 et l’équipe A.

Développer les talents locaux.

Renforcer la formation.

Et surtout, mieux exploiter notre diaspora.

Mettre en place une véritable cellule de scouting de la diaspora

Le Mali dispose d’un immense réservoir de talents à travers le monde.

Des jeunes joueurs maliens ou d’origine malienne évoluent en France, en Espagne, en Italie, en Allemagne, en Angleterre, en Belgique, aux États-Unis et dans de nombreux autres pays.

Pourtant, nous n’exploitons pas toujours suffisamment ce potentiel.

La nouvelle Fédération doit mettre en place une cellule de scouting dédiée à la diaspora, avec des recruteurs et des correspondants présents dans les principaux pays où évoluent les jeunes talents maliens.

Cette cellule aurait pour mission d’identifier les joueurs dès les catégories U15 et U17, de suivre leur progression et de créer une relation durable avec eux et leurs familles.

Il ne faut pas attendre qu’un joueur devienne professionnel pour découvrir son existence.

Le Mali doit connaître ses talents avant les autres.

Cette cellule pourrait travailler en collaboration avec les clubs, les académies, les agents et les associations de la diaspora afin d’établir une véritable base de données des joueurs maliens et binationaux.

L’objectif n’est pas de convoquer systématiquement tous ces joueurs en sélection.

L’objectif est de ne plus perdre un seul talent faute de suivi ou de communication.

La diaspora doit devenir une composante essentielle de notre stratégie de développement.

Construire une génération pour 2032

La CAN 2032 doit être préparée dès aujourd’hui.

Les joueurs qui devront porter le Mali lors de cette compétition sont probablement déjà dans nos académies ou dans les centres de formation en Europe.

Il faut donc travailler sur le long terme.

Les sélections U15, U17, U20 et U23 doivent fonctionner comme un véritable parcours vers l’équipe A.

Il faut créer une identité de jeu commune.

Développer les compétences des entraîneurs.

Multiplier les matchs internationaux.

Permettre à nos jeunes de se confronter régulièrement aux meilleures équipes africaines et internationales.

L’objectif est simple : arriver en 2032 avec une génération mature, expérimentée et capable de jouer le titre.

Le Mali dispose déjà d’une base d’infrastructures intéressante

L’un des arguments en faveur d’une candidature AES est l’existence d’un certain nombre d’infrastructures sportives déjà construites ou rénovées dans les trois pays.

Au Mali, le réseau historique des grandes infrastructures comprend notamment le Stade du 26 Mars de Bamako, le Stade Modibo-Keïta, le Stade Mamadou-Konaté, le Stade Abdoulaye-Makoro-Cissoko de Kayes, le Stade Babemba-Traoré de Sikasso, ainsi que le Stade Barema-Bocoum de Mopti et le Stade Amary-Daou de Ségou. Plusieurs de ces enceintes ont notamment accueilli des matchs de la CAN 2002, ce qui montre que le Mali dispose déjà d’une expérience historique dans l’organisation d’une grande compétition continentale.

Le Stade du 26 Mars, qui constitue la principale enceinte du pays, doit naturellement rester le cœur du dispositif à Bamako.

Mais le véritable enjeu est désormais de moderniser et de renforcer l’ensemble du réseau.

Pour une CAN en 2032, il faudra disposer de plusieurs stades capables d’accueillir des rencontres internationales dans des conditions modernes. Le Mali devrait donc envisager un programme d’investissement permettant de rénover, moderniser et, lorsque cela est nécessaire, agrandir certaines enceintes afin de disposer de plusieurs stades d’une capacité d’au moins 20 000 spectateurs.

Il faudra également améliorer :

  • les pelouses ;
  • l’éclairage ;
  • les vestiaires ;
  • les tribunes ;
  • les espaces VIP ;
  • les zones médias ;
  • les centres de presse ;
  • les parkings ;
  • les accès ;
  • la sécurité ;
  • les systèmes de billetterie ;
  • les technologies de diffusion et de retransmission.

L’objectif ne doit pas être simplement d’obtenir une homologation CAF.

Il faut construire des infrastructures capables de rester opérationnelles et rentables pendant plusieurs décennies.

Le Burkina Faso apporte également une infrastructure majeure

Le Burkina Faso dispose lui aussi d’un atout important avec le Stade du 4-Août de Ouagadougou.

Après plusieurs années de rénovation et de modernisation, le stade a obtenu son homologation par la CAF en juillet 2025. Les autorités burkinabè ont notamment mis en avant les travaux réalisés sur la pelouse, les infrastructures et les équipements afin de répondre aux standards internationaux.

Cette infrastructure constitue un élément important dans la réflexion autour d’une candidature AES.

Le Burkina Faso devra toutefois poursuivre ses investissements afin de disposer d’un nombre suffisant d’enceintes adaptées aux exigences d’une compétition de cette dimension.

L’objectif pourrait être de moderniser également d’autres stades, notamment en dehors de Ouagadougou, afin de permettre une organisation véritablement décentralisée.

Le Mali peut devenir le centre sportif de l’AES

La candidature AES présente justement un avantage majeur : les trois pays peuvent mutualiser leurs infrastructures.

Le Mali possède plusieurs infrastructures réparties dans différentes régions.

Le Burkina Faso dispose désormais d’un Stade du 4-Août homologué par la CAF.

Le Niger doit également poursuivre ses investissements dans ses infrastructures sportives.

Mais il faut également penser à un scénario dans lequel certains pays ne disposeraient pas, au moment de la compétition, du nombre suffisant de stades répondant pleinement aux exigences de la CAF.

Dans ce cas, le Mali pourrait mettre certaines de ses infrastructures à la disposition de ses partenaires de l’AES.

Le pays pourrait ainsi accueillir une partie des matchs de la compétition pour le compte de l’organisation régionale.

Cela supposerait naturellement que les stades concernés soient modernisés et homologués pour répondre aux exigences de la CAF.

Cette approche pourrait transformer le Mali en véritable hub sportif régional.

La CAN ne serait alors pas seulement une compétition organisée par trois pays : elle deviendrait un projet commun dans lequel les infrastructures de chaque État seraient utilisées de manière complémentaire.

Mais les stades ne suffiront pas

Une CAN ne se gagne pas uniquement sur les terrains.

Il faudra également investir dans les infrastructures hôtelières.

Les équipes nationales, les délégations officielles, les arbitres, les journalistes et les supporters doivent pouvoir être accueillis dans de bonnes conditions.

Les routes devront être améliorées pour faciliter les déplacements entre les différentes villes.

Les aéroports devront être capables d’accueillir davantage de vols internationaux.

Les transports terrestres devront être modernisés.

La connectivité numérique devra être renforcée.

La réussite d’une CAN repose sur tout un écosystème.

Le défi le plus difficile : la sécurité

Il faut également être lucide.

Le principal obstacle à une candidature AES pourrait être la question sécuritaire.

La menace djihadiste qui touche une partie de la région constitue un défi majeur.

Pour organiser une compétition de cette ampleur, il faudra garantir la sécurité des équipes, des supporters, des journalistes et des délégations internationales.

La question sécuritaire devra donc être traitée comme une priorité absolue.

L’AES devra démontrer sa capacité à sécuriser les villes hôtes, les stades, les hôtels et les axes de transport.

La réussite de ce volet sera déterminante pour convaincre la CAF et les partenaires internationaux.

Ne pas attendre 2032 pour commencer

Si nous voulons que cette CAN serve de véritable moteur au développement du football malien, nous devons commencer dès maintenant.

Il ne faut surtout pas attendre 2030 ou 2031 pour organiser les premiers grands événements.

Le Mali doit devenir une terre d’accueil du football africain.

Nous devons chercher à organiser davantage de tournois de l’UFOA dans les catégories de jeunes.

Nous devons également nous positionner pour accueillir, lorsque cela est possible, des compétitions CAF de jeunes et des compétitions féminines.

Mais nous pouvons aller encore plus loin.

Pourquoi ne pas organiser chaque année au Mali plusieurs tournois internationaux U23, U20, U17 et U15 ?

Pourquoi ne pas inviter des sélections africaines, européennes et asiatiques ?

Pourquoi ne pas faire voyager ces compétitions dans les différentes régions du pays ?

Une année à Bamako.

Une autre à Sikasso.

Une autre à Kayes.

Une autre à Ségou.

Une autre dans une nouvelle région.

Le football doit sortir de Bamako.

Les infrastructures doivent vivre.

Les populations doivent découvrir les sélections nationales.

Les jeunes joueurs doivent pouvoir jouer des matchs internationaux à domicile.

Organiser 10 à 15 événements de football par an

Le Mali doit avoir une véritable politique événementielle autour du football.

Il faut travailler avec la Fédération, les clubs, les académies, les agents, les promoteurs privés et les partenaires économiques pour construire un calendrier capable d’accueillir 10 à 15 événements et tournois de football par an.

Ces compétitions pourraient inclure :

  • des tournois internationaux U15 ;
  • des tournois U17 ;
  • des compétitions U20 ;
  • des tournois U23 ;
  • des compétitions féminines ;
  • des tournois de clubs ;
  • des compétitions de l’UFOA ;
  • des matchs amicaux internationaux ;
  • des événements de football scolaire ;
  • des compétitions pour les jeunes de la diaspora.

Cette stratégie permettrait de rentabiliser les investissements réalisés dans les stades, d’acquérir une véritable expérience organisationnelle et de renforcer l’attractivité du Mali.

Elle permettrait également aux jeunes joueurs maliens de se confronter régulièrement à des adversaires étrangers.

Une véritable industrie du football

Pour réussir, la Fédération ne pourra pas travailler seule.

Il faudra créer un écosystème réunissant :

  • la Fédération ;
  • les clubs ;
  • les académies ;
  • les agents ;
  • les promoteurs d’événements ;
  • les collectivités ;
  • les entreprises privées ;
  • la diaspora ;
  • les partenaires internationaux.

Le Mali doit être capable d’organiser une dizaine, voire une quinzaine de compétitions et événements de football chaque année.

Ce travail permettra de créer une véritable industrie autour du football.

Il donnera également du travail aux professionnels de l’événementiel, de la communication, de la sécurité, de l’hôtellerie et des transports.

La CAN 2032 doit donc être pensée comme un accélérateur de développement.

La CAN 2032 doit être un objectif, pas le point de départ

Nous ne devons pas construire des stades uniquement pour organiser une CAN.

Nous devons construire un système sportif qui permettra d’organiser des événements internationaux pendant les dix, vingt ou trente prochaines années.

Nous ne devons pas attendre la CAN pour développer notre football.

Nous devons utiliser la perspective de la CAN pour accélérer dès aujourd’hui la transformation de notre football.

Le Mali possède des talents.

Le Mali possède une passion immense pour le football.

Le Mali possède une diaspora importante.

Le Mali dispose d’un patrimoine d’infrastructures sportives qui peut servir de base à un projet beaucoup plus ambitieux.

Il faut maintenant construire autour de ces atouts une véritable stratégie nationale.

Une stratégie qui combine la formation, le scouting de la diaspora, les infrastructures, l’organisation d’événements, la sécurité et le développement économique.

« YES, WE CAN ! »

La candidature des États de l’AES pour la CAN 2032 est ambitieuse.

Elle comporte des risques.

Les défis sportifs, logistiques, économiques et sécuritaires sont considérables.

Mais cela ne doit pas nous empêcher de rêver grand.

YES, WE CAN !

Oui, nous pouvons organiser une CAN.

Mais pour y parvenir, il faudra commencer maintenant.

Construire une grande sélection.

Mettre en place une cellule de scouting de la diaspora.

Moderniser et agrandir nos stades.

Faire du Mali un centre sportif capable d’accueillir des matchs pour l’ensemble de l’AES si nécessaire.

Développer les infrastructures hôtelières et routières.

Améliorer la sécurité.

Organiser régulièrement des compétitions internationales.

Faire vivre nos infrastructures.

Développer le football féminin et les catégories de jeunes.

Créer une véritable économie autour du football.

Et surtout, travailler ensemble.

Si l’AES veut réussir son pari, la CAN 2032 ne doit pas être considérée comme un événement de quelques semaines.

Elle doit être le résultat de six à huit années de transformation profonde du football et du sport dans la région.

Le Mali doit se préparer à organiser la CAN, mais surtout à devenir une véritable puissance footballistique.

Et si nous réussissons cette transformation, la CAN 2032 ne sera finalement que le début d’une nouvelle histoire.

YES, WE CAN !

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