Il y a des choix de carrière qui surprennent. Celui de Lassine Sinayoko d’insister pour rejoindre le Paris FC en fait partie.
L’international malien est pourtant un joueur que nous avons toujours apprécié. Courageux, combatif, généreux dans l’effort, Sinayoko a fait preuve de patience pour progresser et s’imposer progressivement comme l’un des cadres de la sélection nationale.
Il a connu des moments difficiles. Il a attendu son heure. Il a travaillé pour gagner sa place et est finalement devenu un joueur important des Aigles.
Mais aujourd’hui, une question se pose avec insistance : Lassine Sinayoko a-t-il réellement l’ambition d’aller au plus haut niveau ?
Car à bientôt 27 ans, le temps commence à jouer contre lui.
Un parcours construit avec patience
Le parcours de Sinayoko mérite d’être respecté.
Le Malien n’a pas toujours bénéficié d’un statut de titulaire indiscutable. Il a dû patienter, travailler et saisir les opportunités qui se présentaient à lui.
Avec les Aigles, il a progressivement gagné en importance jusqu’à devenir l’un des joueurs majeurs de la sélection.
Son profil est apprécié pour son courage et sa capacité à se battre pour le collectif. Il n’est pas le joueur qui renonce facilement. Sur le terrain, il donne tout.
C’est aussi cette personnalité qui lui a permis de gagner le respect des supporters maliens.
Mais le courage ne suffit pas toujours dans une carrière de haut niveau.
À un moment donné, il faut également savoir prendre des risques.
Après la CAN en Côte d’Ivoire, une première occasion de franchir un cap
La CAN en Côte d’Ivoire aurait pu être un tournant.
Sinayoko y avait réalisé une très belle compétition. Il avait démontré qu’il pouvait performer au plus haut niveau africain et attirer l’attention de clubs plus ambitieux.
C’était probablement le moment idéal pour quitter Auxerre et tenter une nouvelle aventure.
Pourtant, Sinayoko est resté en Ligue 2.
Il a choisi de poursuivre son aventure avec Auxerre.
Le choix pouvait se comprendre. Il pouvait vouloir continuer à progresser dans un environnement qu’il connaissait et obtenir davantage de responsabilités.
Mais avec le recul, cette décision apparaît comme une première occasion manquée.
Lens : une deuxième opportunité
Une autre occasion s’est ensuite présentée.
Le RC Lens s’était intéressé à son profil. Pierre Sage, qui connaissait déjà le joueur, avait également manifesté son intérêt.
Sinayoko avait alors la possibilité de rejoindre un club plus ambitieux et de franchir un nouveau palier.
Mais une nouvelle fois, il a choisi de rester à Auxerre et de prolonger son contrat.
Encore une fois, le choix était respectable.
Mais dans une carrière de footballeur, il faut savoir reconnaître les moments où une porte s’ouvre.
Les opportunités ne se présentent pas toujours deux fois.
Une deuxième CAN réussie et 12 buts en Ligue 1
Après sa belle CAN en Côte d’Ivoire, Sinayoko a confirmé avec une nouvelle compétition réussie au Maroc.
Puis il a réalisé une excellente saison avec Auxerre, inscrivant 12 buts en Ligue 1.
Cette fois, tous les signaux étaient réunis.
Deux CAN réussies.
Une saison pleine en Ligue 1.
Un statut de leader avec la sélection.
Un joueur expérimenté et désormais mature.
À bientôt 27 ans, Sinayoko avait enfin l’occasion de franchir le cap que beaucoup attendaient de lui.
On pouvait alors imaginer le voir rejoindre un club comme Monaco, Marseille ou Lyon.
Mais surtout, la Premier League semblait représenter une destination particulièrement intéressante.
Crystal Palace avait été évoqué.
Le championnat anglais aurait pu lui offrir une exposition exceptionnelle et lui permettre de donner une nouvelle dimension à sa carrière.
La situation était d’autant plus intéressante que Pierre Sage, qui avait déjà manifesté son intérêt pour le joueur à Lens, est aujourd’hui entraîneur de Crystal Palace.
Tout semblait donc réuni pour que Sinayoko tente enfin sa chance au plus haut niveau.
Et finalement, le Paris FC
C’est dans ce contexte que le choix du Paris FC surprend.
Lassine Sinayoko aurait pu avoir l’ambition de rejoindre un club installé, capable de jouer régulièrement les compétitions européennes ou de lui offrir une exposition internationale plus importante.
Il choisit finalement de faire le forcing pour rejoindre le Paris FC.
Un club qui ne vit que sa deuxième saison en Ligue 1.
Bien sûr, le projet du Paris FC peut être séduisant. Le club évolue dans une ville comme Paris, dispose de moyens importants et peut nourrir de grandes ambitions.
Mais pour Sinayoko, la question n’est pas seulement de savoir si le Paris FC est un club intéressant.
La vraie question est de savoir si c’est le meilleur choix pour lui à ce moment précis de sa carrière.
Et c’est là que le doute apparaît.
À bientôt 27 ans, le temps presse
Lassine Sinayoko approche des 27 ans.
Il ne s’agit plus d’un jeune joueur de 21 ou 22 ans qui dispose de cinq ou six années devant lui pour franchir progressivement les étapes.
Il entre désormais dans une période décisive de sa carrière.
Les grands clubs recrutent souvent les jeunes joueurs pour leur potentiel. À 27 ans, les exigences sont différentes. Il faut déjà avoir démontré sa capacité à évoluer au plus haut niveau.
Les opportunités qui se sont présentées à Sinayoko ces dernières années ne seront peut-être plus aussi nombreuses.
Après la CAN en Côte d’Ivoire, il pouvait partir.
L’opportunité de Lens était là.
Après la CAN au Maroc et une saison à 12 buts en Ligue 1, le moment semblait encore plus propice.
Mais une nouvelle fois, il semble choisir la sécurité plutôt que le risque.
Et c’est précisément ce qui nous interroge.
Le courage ne suffit pas pour devenir un grand joueur
Sinayoko est un joueur courageux.
Il l’a démontré.
Mais les grands joueurs ont besoin d’une autre qualité : l’ambition.
L’ambition de se mesurer aux meilleurs.
L’ambition de jouer dans les grands clubs.
L’ambition de connaître la Ligue des champions.
L’ambition de sortir de sa zone de confort.
Il faut parfois accepter de prendre des risques, de changer de pays, de se retrouver en concurrence avec de grands joueurs et de devoir gagner sa place.
C’est souvent cette capacité à prendre des risques qui permet de franchir le dernier palier.
Or, le parcours récent de Sinayoko donne malheureusement l’impression qu’il lui manque encore cette prise de risque.
Une question qui concerne aussi les Aigles
Cette réflexion dépasse la seule carrière de Sinayoko.
Le Mali ambitionne de devenir une grande nation du football africain.
Nous voulons nous qualifier pour les Coupes du monde, jouer régulièrement les demi-finales de la CAN et, pourquoi pas, un jour, remporter cette compétition.
Pour atteindre ces objectifs, nous avons besoin de leaders.
Pas seulement de joueurs expérimentés.
Pas seulement de joueurs talentueux.
Nous avons besoin de joueurs qui ont faim.
Des joueurs qui veulent aller plus haut que les autres.
Des joueurs qui veulent jouer dans les meilleurs championnats et affronter les meilleurs joueurs du monde.
Sinayoko est aujourd’hui un leader des Aigles par son expérience et son statut.
Mais un véritable leader doit également inspirer les autres.
Il doit montrer que le travail et le courage permettent de viser toujours plus haut.
C’est précisément sur ce point que nous restons interrogatifs.
Si notre meilleur attaquant ou l’un de nos joueurs majeurs ne cherche pas à franchir les étapes les plus ambitieuses de sa carrière, comment peut-il inspirer les jeunes joueurs de la sélection à rêver plus grand ?
Le Paris FC ne doit pas être le sommet
Il serait injuste de condamner Sinayoko avant même qu’il ait commencé son aventure au Paris FC.
Le club peut devenir une très bonne surprise du championnat français.
Il peut rapidement se qualifier pour une compétition européenne et offrir à Sinayoko une nouvelle opportunité.
Il est également possible que le joueur réalise les meilleures saisons de sa carrière sous ses nouvelles couleurs.
Tout cela est possible.
Mais une chose est certaine : le Paris FC ne doit pas être le sommet de ses ambitions.
À bientôt 27 ans, Sinayoko doit encore avoir faim.
Il doit encore vouloir aller plus haut.
Il doit encore rêver de Premier League, de Ligue des champions et des plus grands clubs.
Car une carrière de footballeur est courte.
Les occasions passent vite.
Et lorsque les portes se ferment, elles ne se rouvrent pas toujours.
Lassine Sinayoko a fait preuve de courage pour devenir un joueur important des Aigles.
Il lui reste maintenant à démontrer qu’il possède cette ambition qui caractérise les grands joueurs.
Le courage permet de surmonter les difficultés. L’ambition permet de viser les sommets.
Et si le Mali veut un jour jouer les premiers rôles en Afrique, il aura besoin de leaders qui ne se contentent pas d’être bons, mais qui veulent devenir les meilleurs.
À bientôt 27 ans, le temps presse pour Lassine Sinayoko.
Le Paris FC peut être une étape.
Mais il ne doit surtout pas être la destination finale de ses ambitions.
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