Quel avenir pour Tom Saintfiet à la tête des Aigles ?

La CAN du Mali s’est achevée en quart de finale par une défaite logique (1-0) face au Sénégal, deuxième nation africaine au classement FIFA. Un parcours au bilan très mitigé, qui pose aujourd’hui une question centrale : quel avenir pour Tom Saintfiet à la tête de la sélection malienne ?

Sous sa direction, le Mali semble avoir perdu une partie de son identité de jeu. Historiquement joueuse et technique, la sélection est devenue une équipe spécialisée dans les blocs bas, cherchant avant tout à subir avant d’espérer exploiter de rares transitions. Un choix assumé, mais qui a profondément limité l’expression du talent malien.

Les difficultés offensives, déjà récurrentes depuis près de dix ans, se sont même aggravées durant ce tournoi. Le Mali a affiché moins de 20 % de frappes cadrées sur l’ensemble de la CAN, un chiffre alarmant qui illustre l’incapacité chronique de l’équipe à se projeter et à se créer des occasions franches.

À cela s’ajoute une agressivité excessive. En seulement cinq matchs, les Aigles ont récolté 15 cartons jaunes et 3 cartons rouges, avec un pic inquiétant face à la Tunisie où le Mali a commis 29 fautes. Une intensité mal maîtrisée, souvent synonyme de frustration plus que de véritable engagement collectif.

Sur le plan tactique, plusieurs choix interrogent. En plus de ne pas produire de jeu, Tom Saintfiet a souvent aligné des joueurs à des postes qu’ils ne maîtrisent pas. Mamadou Sangaré et Mahamadou Doumbia ont ainsi été utilisés sur les côtés, un positionnement qui a bridé leur talent et réduit leur impact. Yves Bissouma et Amadou Haïdara, de leur côté, manquaient clairement de rythme, sans que des alternatives ne soient réellement installées. La liste finale elle-même a posé question, notamment avec l’absence d’un arrière gauche sur lequel le staff pouvait réellement compter.

Au final, il y a eu trop d’erreurs dans la gestion du groupe et dans la production footballistique pour voir, à ce stade, en Tom Saintfiet un technicien capable de faire véritablement progresser cette équipe à court terme.

Cependant, tout n’est pas à jeter. Le Mali a montré une solidité défensive qu’on ne lui connaissait pas. Les Aigles ont affronté trois équipes mondialistes et n’ont perdu qu’un seul match durant la compétition. Les joueurs se sont également montrés plus engagés, même si cet engagement s’est parfois transformé en excès d’agressivité.

Il faut aussi rappeler un élément important : Tom Saintfiet découvrait en grande partie son groupe. La majorité des joueurs sont nouveaux dans cette équipe, et le temps d’adaptation est un facteur que l’on ne peut ignorer. Le football demande de la continuité, et au Mali, l’organisation structurelle n’est pas toujours optimale. Dans ce contexte, remplacer l’entraîneur n’est pas forcément une garantie d’amélioration immédiate.

La sélection disposera d’environ neuf mois pour préparer les éliminatoires de la prochaine CAN. Il serait peut-être plus judicieux de s’appuyer sur un entraîneur qui connaît désormais son groupe, ses forces et ses faiblesses, et qui pourra effectuer les retouches nécessaires pour rendre l’équipe plus compétitive.

La décision à venir devra être réfléchie, lucide et tournée vers un objectif clair : redonner au Mali une identité de jeu à la hauteur de son talent.

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