Malgré la qualification pour les quarts de finale, il faut avoir l’honnêteté de le reconnaître : le jeu proposé par le Mali depuis le début de la compétition est très médiocre. Les résultats sont là, mais le contenu reste largement insuffisant pour espérer aller plus loin.
L’équipe peine à produire du jeu, à enchaîner les passes et surtout à trouver des espaces. Dans les phases offensives, le Mali apparaît souvent figé, prévisible et sans solutions. Ce manque de créativité et de largeur n’est pas un hasard, il est en grande partie lié aux choix de positionnement opérés par le sélectionneur.
La mauvaise utilisation de Mamadou Sangaré et de Mahamadou Doumbia est au cœur du problème. Ces deux joueurs ne sont pas des ailiers. Alignés sur les côtés, ils peinent à défendre correctement leur couloir et n’apportent ni largeur ni profondeur. Résultat : le jeu est recentré, les espaces ne se créent pas et l’équipe s’expose inutilement.
À l’inverse, l’entrée de Néné Dorgeles face à la Tunisie a totalement changé le visage de l’équipe. Sa vitesse, ses appels et sa capacité à étirer le bloc adverse ont offert de nouvelles solutions. En prolongation, avec Gaoussou Diakité et El Bilal Touré, le Mali a enfin montré un visage plus cohérent, plus équilibré et plus dangereux.
Bien sûr, la solidité défensive reste essentielle, surtout à ce niveau de compétition. Mais il faut aussi reconnaître que cette équipe dispose de joueurs capables de fournir les efforts nécessaires sur les côtés. Néné est généreux dans ses courses, tout comme Lassine Sinayoko, capable de fermer son couloir et de se projeter rapidement en contre-attaque. Dans ce schéma, El Bilal Touré pourrait logiquement revenir dans l’axe, là où il est le plus à l’aise.
Le Sénégal est une équipe solide, mais elle est loin d’être imprenable. Pour espérer la faire tomber, le Mali devra accepter de jouer avec ses forces, faire confiance à ses joueurs et surtout les utiliser à leurs vrais postes. Jouer pour ne pas perdre ne suffira pas. Il faudra jouer pour gagner.
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