Avec seulement deux buts inscrits depuis le début de cette CAN, la sélection malienne affiche un rendement offensif trop limité pour nourrir de grandes ambitions dans ce tournoi. Si le contenu global reste intéressant et que l’équipe a montré de la solidité, l’efficacité devant le but fait clairement défaut.
Le Mali a pourtant eu les moyens de remporter ses deux premières rencontres. Face à la Zambie comme face au Maroc, les Aigles ont eu des situations, le contrôle du jeu par moments, mais n’ont jamais su se montrer létaux dans les moments clés. Cette incapacité à « tuer » les matchs commence à peser lourd.
Contre la Zambie, le sélectionneur avait opté pour une formule offensive audacieuse avec trois attaquants alignés et Kamory Doumbia en numéro 10. Sur le papier, l’option semblait prometteuse. Sur le terrain, elle s’est révélée décevante. Les quatre joueurs offensifs n’ont jamais réellement trouvé leur complémentarité, manquant de justesse, de vitesse d’exécution et de tranchant dans les derniers mètres. Résultat : une domination stérile et une victoire qui échappe au Mali.
Face au Maroc, le plan était à l’opposé. Lassine Sinayoko était le seul joueur à vocation offensive au coup d’envoi. Là encore, l’animation a manqué de mordant. Le Mali n’a cadré que deux tirs sur l’ensemble de la rencontre, inscrivant son unique but sur penalty. Une efficacité minimale qui pose question, surtout à ce niveau de compétition.
Le problème n’est donc pas seulement le nombre d’attaquants sur le terrain, mais l’équilibre du dispositif. Le Mali doit trouver le juste milieu : plus de présence offensive, plus de connexions entre les lignes, sans pour autant empiler les attaquants de manière stérile.
Dans ce contexte, certains ajustements s’imposent. Néné Dorgeles pourrait être utilisé comme un joker de luxe, capable d’apporter de la percussion et de la fraîcheur en cours de match. El Bilal Touré, en revanche, traverse une période difficile. En manque de confiance, il ne joue pas en première intention et peine à peser sur les défenses adverses.
À l’inverse, le jeune Mamadou Doumbia mérite d’être lancé. Par son énergie, sa mobilité et sa capacité à fixer les défenseurs, il peut offrir une alternative crédible et dynamiser l’attaque malienne.
La formule la plus équilibrée semble désormais se dessiner : Lassine Sinayoko en véritable numéro 9, Kamory Doumbia en soutien libre, capable de décrocher et de créer le déséquilibre, Mahamadou Doumbia en numéro 10 pour organiser le jeu, et Mamadou Sangaré en numéro 8, aux côtés d’Aliou Dieng et Lassana Coulibaly. Un schéma qui permettrait au Mali de mieux exploiter son talent offensif tout en conservant sa solidité.
Si les Aigles veulent aller loin dans cette CAN, la clé est claire : améliorer l’efficacité offensive. Le potentiel est là. Il reste désormais à trouver la bonne formule pour le libérer.
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