Aliou Dieng et Lassana Coulibaly : le péché de Tom

Le Mali pratique avant tout un football de possession, basé sur la maîtrise du ballon, la circulation rapide et la projection collective. Dans cette logique, il est aujourd’hui indéniable que les deux milieux maliens les plus en forme sont Mamadou Sangaré et Mahamadou Doumbia. Tous deux se sont imposés en club et affichent les caractéristiques du milieu moderne : gros volume de jeu, qualité technique, protection du ballon, capacité de percussion et justesse dans la transmission.

À leurs côtés, il faut évidemment rappeler l’importance de nos deux références internationales, Amadou Haïdara et Yves Bissouma. Certes, ils ne sont peut-être pas au sommet de leur forme actuelle, mais leur expérience du très haut niveau et leur vécu des grandes compétitions sont des atouts majeurs. Les deux hommes préparent cette Coupe d’Afrique avec l’objectif clair de livrer une grande CAN au service de la sélection.

Pourtant, Tom Saintfiet semble vouloir bâtir son équipe autour de l’association Aliou Dieng – Lassana Coulibaly. Pris individuellement, les deux joueurs rendent de précieux services. Mais ensemble, cette paire est devenue un véritable frein pour le jeu malien. Leur duo manque de complémentarité, de créativité et surtout de qualité de transmission, élément pourtant central dans le style de jeu de la sélection.

Le match face au Ghana, tout comme la première mi-temps contre la Jordanie, l’a cruellement démontré. Le ballon circule lentement, les lignes sont coupées, les projections offensives sont inexistantes. Soyons honnêtes : ce football-là est dépassé. Dans un système où le Mali ne dispose pas de véritables ailiers percutants capables de créer la différence en un contre un, la clé se trouve dans les circuits de passes, les décalages collectifs et la vitesse de jeu – autant de domaines où l’association Dieng–Coulibaly montre trop de limites.

Les deux joueurs peuvent encore rendre service en cours de match, pour apporter de l’impact et de la solidité dans certaines situations. Mais ils ne doivent plus être considérés comme des titulaires indiscutables ensemble dans l’entrejeu.

Le véritable visage du Mali dans cette CAN doit s’appuyer sur le “quatuor magique” :
Mamadou Sangaré – Mahamadou Doumbia – Yves Bissouma – Amadou Haïdara.
Quatre profils capables d’allier technique, intensité, projection et maîtrise du tempo, indispensables pour permettre aux Aigles d’imposer leur football de possession.

C’est avec cette configuration équilibrée et moderne que le Mali pourra enfin exprimer son potentiel et prétendre à un parcours ambitieux dans cette Coupe d’Afrique. Toute autre option serait un renoncement tactique — et peut-être le véritable péché de Tom.

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