À l’approche de la CAN, la question revient sans cesse : le Mali a-t-il les moyens de réaliser un grand parcours ? À première vue, les derniers résultats et l’instabilité autour de la sélection depuis 2023 n’incitent pas à l’optimisme. Entre performances irrégulières et difficulté à battre des adversaires du top 10 africain — défaites face au Congo et double revers contre le Ghana — les repères manquent. Dans un groupe relevé avec le Maroc, les Comores et la Zambie, les Aigles peuvent raisonnablement espérer sortir des poules, mais la suite de la compétition s’annonce bien plus complexe, surtout en cas de confrontation précoce avec un premier de groupe.
Autre élément inquiétant : l’état de forme des cadres. Yves Bissouma et Amadou Haidara, considérés comme les deux meilleurs joueurs maliens, n’ont plus enchaîné de vrais matchs depuis plusieurs mois. Lorsqu’un joueur manque de temps de jeu, son niveau réel en compétition devient difficile à prédire, surtout lorsqu’il revient d’une longue blessure comme Yves. Leur apport, crucial dans le cœur du jeu, dépendra directement de leur capacité à retrouver le rythme.
Cependant, derrière cette apparente fragilité, il existe de véritables raisons d’être optimiste. D’abord, l’arrivée d’un gardien de haut niveau, capable de sécuriser les balles arrêtées — un point faible historique du Mali — change réellement la donne. Ensuite, pour une fois, la sélection semble aborder la CAN sans blessure majeure dans son effectif principal. Si Yves Bissouma et Doudou arrivent à 100%, ils pourraient être les moteurs qui ont manqué lors des dernières éditions.
Sur le plan individuel, plusieurs joueurs affichent une forme étincelante en club. Mamadou Sangaré et Mahamadou Doumbia réalisent un excellent début de saison. Ousmane Camara, l’un des meilleurs défenseurs de Ligue 1, confirme son statut. Devant, El Bilal Touré, Nene Dorgelès, Lassine Sinayoko, Mamadou Doumbia et Gaoussou Diakité enchaînent les performances solides et les statistiques encourageantes. C’est une dynamique qui peut porter l’équipe plus loin qu’on ne le pense.
Les interrogations persistent néanmoins en défense. L’état de forme de Sikou Niakaté, véritable ministre de la défense malienne, inquiète : problèmes physiques, difficultés à enchaîner les matchs. Sur le flanc gauche, ni Amadou Dante, ni Daouda Guindo n’ont apporté les garanties attendues. Un retour de Massadio Haïdara pour la CAN serait un précieux renfort. Quant à Nathan Gassama, séduisant face à la Jordanie, il n’offre pas encore la même sérénité qu’un Niakaté à 100%.
Alors, le Mali peut-il faire une grande CAN ?
Objectivement, oui — si plusieurs paramètres se synchronisent : un retour en forme des cadres, la confirmation des jeunes en feu, la stabilité défensive et la réussite dans les grands rendez-vous.
Sur le papier, cette équipe a les talents individuels.
Reste à savoir si elle peut enfin les transformer en force collective.
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